Réflexions sur l’activité touristique en général et sur Mons en Provence en particulier. ...


C’est un truisme, une tautologie que d’affirmer que nous vivons dans une région touristique de première importance. Cette activité économique en expansion continue à l’échelle mondiale impacte très fortement notre cadre de vie et surtout nos territoires.

La première question est « Pourquoi nous sommes-nous installés à Mons » ?

Il convient donc de réfléchir avant de vouloir développer toutes formes de tourisme dans notre espace quotidien. Détenteur d’une chambre d’hôtes, nous avons, grâce à Airbnb, réussi une excellente saison touristique.

Ce sont les hôtes accueillis avec lesquels nous avons partagé des repas, des apéritifs, de multiples moments de discussions et de convivialité, qui m’ont fait prendre conscience avec encore plus de force, avec encore plus d’acuité, de la beauté et du caractère exceptionnel de notre commune, Mons en Provence.

Je vous livre ici, mes recherches et mes réflexions, sur la place que pourrait occuper une activité touristique maîtrisée dans un ensemble plus large, celui d’une communauté - vous, moi, nous - qui vit sur un territoire rural et montagnard, et encore, à bien des égards, relativement protégé.

Mais qu’en sera-t-il demain ? Chaque jour, la bande littorale est de plus en plus grignotée par une urbanisation galopante, les projets immobiliers se multiplient dans les communes voisines. Tourisme et urbanisme vont en général de pair.


Il est nécessaire de faire un effort, de réfléchir et de se demander ce que nous souhaitons vraiment pour notre cadre de vie, nos familles et nos enfants.

Cela pose bien évidemment la question d’une perspective d’ensemble et de choix d’actions, et pas nécessairement d’un développement forcené.

Ce n’est pas tant vendre de nouveaux produits, de nouvelles activités plus « fun » les unes que les autres, que de garantir aux visiteurs qui viennent à Mons en Provence, une qualité d’accès à la nature, aux randonnées et au calme.

Développer veut-il dire bétonner, construire, attirer plusieurs centaines d’habitants et développer un tourisme de masse ?

Mons, dans le cadre de la transition écologique recèle d’extraordinaire potentialités qu’il faut à la fois mettre en valeur et préserver.

Le tourisme vert peut jouer un rôle de complément financier permettant la mise en valeur d’espaces agricoles ou de cultures dans le cadre de circuit court, tout en proposant un cadre naturel vaste pour les randonnées et la découverte de la faune et de la flore. C’est une piste de réflexion.

Je me suis aussi intéressé à la question touristique d’une manière plus large.

Je viens de lire pour vous un article intéressant sur les nouvelles pratiques, tendances et technologies dans le tourisme.


http://www.courrierdesmaires.fr/82627/mettre-les-bons-chiffres-du-tourisme-au-service-des-territoires/

Que retenir de cet article ?

L’article intitulé, «Mettre les « bons chiffres du tourisme » au service des territoires», a été rédigé par deux spécialistes, Luc Béal, Directeur du "Tourism Management Institute" et Mustafeed Zaman, enseignant-Chercheur en marketing à l'École de Management de Normandie – UGEI.

En substance, les deux chercheurs nous mettent en garde contre l’apparence des chiffres. Nous nous gargarisons en France d’être la première destination touristique mondiale par le nombre de touristes qui visiteraient notre pays. J’ai moi-même eu l’occasion de travailler sur ces données. Elles sont trompeuses. Certes, nous enregistrons bien le passage de 89 millions d’arrivées, mais plusieurs millions ne font que passer par la France, comme 6 millions d’Allemands qui se rendent directement en Espagne. Mais ces derniers sont comptabilisés comme visiteurs en France ! Sinon, comment expliquer que l’Espagne avec moins de touristes, 83 millions, génèrent 74 milliards de recettes, contre 67 milliards pour la France. [Derniers chiffres : http://www.quotidiendutourisme.com/tendances/tourisme-mondial-la-france-toujours-troisieme-en-terme-de-recettes/189488 ]

Ainsi, les chercheurs proposent de développer une approche qualitative plutôt que quantitative, en tentant de « comprendre les comportements des touristes une fois arrivés à destination, dans l’optique d’influer sur leurs décisions, les fidéliser et développer l’emploi local ».

Choisir un tourisme qualitatif signifie mettre en place une politique touristique en relation avec notre territoire, non pour y voir déferler quantitativement des hordes de touristes, mais des visiteurs souhaitant nous rendre visite autant que nous sommes soucieux de les accueillir bien.

Un autre article intéressant, tiré lui aussi, du Courrier des Maires, souligne le rôle particulier que joue Airbnb pour les 17 000 communes dépourvues d’hôtels. Ces communes avaient au moins une annonce sur Airbnb en 2018. Une convention a été signée entre l’Association des Maires Ruraux de France et Airbnb.


http://www.courrierdesmaires.fr/82393/airbnb-les-petites-villes-lui-disent-merci/

Article du 18 juillet 2019 dans le Courrier des Maires.

Non, ce n’est pas mon côté californien qui m’incite à faire de la publicité pour Airbnb (J’ai vécu 7 ans à San Francisco).

C’est l’efficacité de cette société, d’une part, et l’expérience vécue, d’autre part, qui m’ont poussé à chercher plus avant les raisons de la réussite d’Airbnb.

Nous avons, mais je pourrai dire nous avions le label les Gîtes de France.

Ces derniers n’ont hélas pas su prendre un double virage.

Le premier est d’avoir tardé à utiliser pleinement les ressources informatiques et celles de l’Internet.

Le second est de s’être reposé seulement sur son réseau français et européen.

Au cours de la saison 2018, encore labellisé Gîtes de France, nous n’avons reçu aucun client via leur canal. La chambre d’hôtes s’est remplie directement par Airbnb et par le premier réseau d’hôtes que nous avions construit.

On compte aujourd’hui plus de 27 unités de locations saisonnières de la commune de Mons en Provence sur Airbnb.

Airbnb permet à un particulier d’avoir un affichage mondial, d’une part, et, toute réservation effectuée sur Airbnb, entraîne le paiement automatique de la taxe de séjour pour les communes ou les groupements de communes.

Ainsi, l’internet, nos réseaux de relations, et surtout, notre formidable territoire, le plus préservé et sauvage du canton de Fayence, nous offre d’extraordinaires opportunités. Ce ne sont pas des personnes extérieures à la commune qui les mettront en valeur à notre place !

Évacuons les polémiques stériles à partir de nos opinions politiques !

L’avenir de nos enfants et de nos territoires, donc de notre cadre de vie, dépassent largement nos appartenances politiques.

Par intérêt et par raisonnement logique nous opérons quotidiennement des choix.

Pour cela, nous nous appuyons sur des convictions, des réflexions, qui s’appuient elles-mêmes sur les perceptions que nous avons de notre environnement et de notre vécu quotidien, bref, de notre expérience personnelle.

Il est nécessaire cependant de réfléchir aux termes que nous employons, à leur signification, pour partir d’une bonne définition pour envisager une bonne direction à prendre.

Que signifie développer ? Que signifie le développement touristique ? Qu’entend-nous par « il faut développer Mons ? »

Dans nos sociétés post-industrielles, le développement s’appuie sur la croissance de nos économies tertiarisées, donc fortement basée sur les services. La part de l’industrie et la part de l’agriculture diminuant chaque année un peu plus.

Depuis le célèbre rapport du Club de Rome en 1972, nous savons désormais que la croissance de nos économies n’est pas infinie car nos ressources naturelles ne le sont pas !

Nous ne pouvons plus envisager un accroissement positif de nos économies, une extension sans fin de notre fameux PIB (Produit Intérieur Brut), nos richesses, année après année.

Nous pourrions envisager de multiplier les constructions, de créer de nouveaux lotissements, d’agrandir les routes, de multiplier commerces et établissements touristiques… bref de nous développer au sens économique actuel.

Que gagnerions-nous si nous avions 500 maisons en plus et 1500 habitants en plus ?

La question mérite d’être posée.

Il nous faut désormais trouver un nouvel équilibre, durable, soutenable, et qui soit le plus juste possible pour nos sociétés.

Cette démarche commence par le territoire sur lequel nous vivons.

Le tourisme est un secteur porteur, capable de produire des richesses renouvelables.

Plus que jamais, nous ne devons pas oublier pourquoi nous avons choisi Mons !

Les données locales de l’INSEE nous fournissent d’intéressantes statistiques.

La rubrique « ancienneté d’emménagement des ménages en 2016 » nous permet de voir que 87,5 % de la population résidant à Mons, aujourd’hui, s’est installé au cours des 30 dernières années…

C’est donc un choix de venir vivre à Mons, dans un espace peu urbanisé, dans une zone rurale et montagnarde, loin des espaces urbains et péri-urbains.

Le calme, la sérénité des lieux, les grands espaces, une autre convivialité, une autre manière d’appréhender les voisins, les connaissances, les amis…

Attention, cela ne doit pas signifier, une absence de services, de conforts et la disparition de l’accès à certaines activités. C’est bien là que se trouve une des définitions de développer Mons.

Tous les invités que nous avons accueillis dans la chambre d’hôtes ont-eu ce même mot « vous vivez dans un paradis ». Le calme, la quiétude, la beauté et la diversité des paysages, où nous passons des oliviers de la Provence, aux premiers sapins alpins où les paysages agricoles alternent avec des forêts plus ou moins denses…

La joie des hôtes de monter à travers la forêt au restaurant à Mons, puis au bal de la fête, avant de redescendre en pleine nuit, à la lueur des téléphones portables...

Ce regard extérieur, renouvelé et répété par des visiteurs venus de France, d’Europe, mais aussi des Amériques et des pays asiatiques, nous rappelle, nous montre, nous oblige à ne pas oublier, le merveilleux cadre dans lequel nous vivons au quotidien.

Cette démarche appelle une nouvelle définition du tourisme et une nouvelle approche de notre territoire de vie au quotidien.

Au fond, je n’aime pas le terme de touriste, ni l’appellation « d’industrie touristique ».

Industrie nous renvoyant là, non au monde ouvrier, mais à des hordes, véritables nuages de criquets se déversant sur un espace, prenant 3 selfies et courant acheter deux faux souvenirs fabriqués à l’étranger.

Est-ce à dire que ma réflexion conduit à souhaiter un tourisme élitiste, voire de luxe ?

La réponse est évidemment non !

Les qualités humaines, l’éducation, le respect des autres et de leur environnement ne dépendent pas de notre richesse matérielle.

Notre comportement dépend, certes d’une éducation, mais surtout d’un choix de mode de vie.

Ainsi, les choix que nous opérons dans l’offre touristique à partir de ce que nous sommes et de notre territoire, définiront le type de tourisme et donc de touristes.

Ils seront visiteurs, hôtes, invités, découvreurs…

C’est à ce stade que nous retrouvons l’esprit Airbnb.

La réussite d’un hôte chez Airbnb ne se mesure pas à un label attribué uniquement sur une liste de matériels et de services, mais sur un état d’esprit, un investissement personnel, un mérite.

La relation humaine, l’accueil, les expériences que nous offrons, créent le label de votre chambre d’hôtes, gîte ou location.

De nombreuses réflexions proviennent des discussions avec nos hôtes et toutes avaient des points communs : le choix de venir à Mons, le choix d’un moment et d’un morceau de paradis, d’un accueil sincère et chaleureux, dans une terre aride, parsemée de cailloux, de murs en pierre, un morceau de Provence penchée sur la Méditerranée.

Ils furent curieux de notre histoire, celle du passé, rencontré au hasard d’objets, celle du présent, questionné pour connaître notre quotidien, celle du futur, un peu inquiet de ne peut-être pas retrouver, lors d’un nouveau séjour, ce « morceau de paradis »

C’est donc cet équilibre, fragile, mais possible que nous devons envisager et garder à l’esprit.

Protéger un territoire ne signifie pas le fermer ou l’empêcher de vivre au quotidien, mais apprendre à le regarder différemment, à l’observer de nouveau, à se le réapproprier.

Partage, convivialité, amitié, définissent plus largement le tourisme, Grand Tour et détour.

Sentir les visiteurs, sur le chemin de l’amitié, parfois les voir s’éloigner les larmes aux yeux, avec cette promesse de retour, de se revoir, de revenir nous voir, nous, Mons en Provence, ses habitants et ses paysages.`

Habitants comme visiteurs ont donc choisi Mons. Ils ont un intérêt commun à le préserver.

C’est ce choix de ce que nous sommes et de ce que nous offrons sur un territoire qui est la clé de la réussite d’un « tourisme » intégré respectueux de notre cadre de vie et de nos habitudes.

Gilles Portaz

Mons en Provence

Le 21 janvier 2020

134 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Résultats des élections municipales

Elections Municipales - Mons en Provence Chères et chers ami(e)s de Mons en Provence,C'est dans un contexte particulier et difficile que les élections municipales se sont déroulées aujourd'hui.Voici l